29 septembre 2006 - Lettre à madame Diane Legault, députée de Chambly
St-Basile-le-Grand, le 29 septembre 2006

Madame Diane Legault,
Députée de Chambly,
Adjointe parlementaire au ministre
de la Santé et des Services sociaux
1991, boul Périgny, bureau 107,
Chambly, (Qc)

Objet : Indexation des rentes de retraite

Madame la Députée,

Pour faire suite à votre réponse du 8 août 2006, j’aimerais vous dire que les participants actifs ont bénéficié largement des sommes que nous, les cotisants et les retraités, avions accumulées avant 2000 dans notre caisse de retraite. Ils n’ont pas eu de scrupules à se réserver 55 millions pour bonifier leur propre indexation en utilisant les 4 milliards que nous avions économisés. De quel côté était le transfert intergénérationnel dont vous faites mention ?

Quand la CSQ a négocié la demi-indexation en 2000, l’appauvrissement des retraités n’a pas été considéré, comme d’habitude.

Augmenter leur taux de cotisation me semble nécessaire afin que ces participants se paient leur propre régime de retraite. Jusqu’ici, ils ont bénéficié des largesses des surplus actuariels accumulés par les cotisants et les retraités de 1982 à 2000 en se donnant un long congé de cotisation de plus de trois ans. Le gouvernement, dans la même foulée, a bénéficié de ce congé vidant ainsi notre cagnotte.

Vous n’êtes pas sans savoir que les participants actifs, ni le gouvernement d’ailleurs, ne peuvent utiliser le salaire d’une autre personne pour se payer des congés de cotisation ou se soustraire à leurs obligations.

Depuis longtemps, ce sont les retraités qui assument des risquent en perdant en moyenne 10 à 20 mille dollars à la suite de l’indexation partielle des rentes de retraite. Parlons-en des risques !

Vous faites référence aux régimes de retraite à prestations déterminées et ce renvoi ressemble davantage à « Si vous n’êtes pas contents ou si vous levez trop la tête, on va diminuer les avantages de votre régime. » Madame, savez-vous que vous parlez de mon salaire que j’ai économisé à coups de 8,08 % annuellement pendant 35 ans ? Une rente de retraite est du salaire personnel. Réalisez-vous que je me bats pour celui-ci et que j’ai payé pendant toute ma carrière pour la pleine indexation des rentes de retraite !

J’ai prêté au gouvernement mes cotisations à mon régime de retraite dans le but qu’ils les fassent fructifier et accumulent les bénéfices pour moi-même et ceux qui sont dans la même situation que moi. Le problème est plutôt que le gouvernement continue à payer l’épicerie avec mes cotisations. Il n’a pas capitalisé l’argent que je lui ai prêté et dit à tout le monde « Les régimes de retraite nous coûtent cher. ». C’est une grande injustice que de faire porter à d’autres les conséquences d’une gestion fort discutable et inconséquente.

Chaque année, le vérificateur général du Québec conteste la manière dont le gouvernement comptabilise sa dette envers les régimes de retraite. Quand le gouvernement rectifiera-t-il la situation en reconnaissant aux retraités toutes les sommes dues ?

Actuellement, nous n’avons pas de défenseurs au comité de retraite à la CARRA. Nous avons besoin non pas d’un retraité, mais d’autant de représentants des retraités que de représentants syndicaux. J’ajoute que les syndicats ne nous ont jamais protégés et qu’ils nous laissent tombés à chaque négociation. Quant à l’AREQ, elle vient de sortir de sa torpeur. Le projet de loi de loi 27 est-il dans ce sens ? Le gouvernement a-t-il choisi de nous donner des miettes pour nous faire taire ?

Les informations que vous me donnez me laissent croire que le gouvernement ne réalise pas du tout qu’il fait de l’argent avec les caisses de retraite. Mais à bien y penser, je pense plutôt qu’il le réalise trop bien et qu’il ne veut pas que les retraités agissent pour que les choses changent.

En 1982, la loi 68 coupa nos salaires de 20 %, modifia le partage des contributions (50/50) aux régimes de retraite et coupa l’indexation de 3 %. Comme le parti libéral ne corrige pas la situation, cela signifie-t-il qu’il partage le plan d’appauvrissement du parti québécois d’alors ?

Est-ce que les députés du parti libéral sont du même avis que M. Jacques Parizeau qui affirmait en février dernier : « qu’assassiner les fonctionnaires retraités et leurs conjointes ferait baisser la dette du Québec » ?

Madame la Députée, je continue à défendre mon salaire et à demander à pleine indexation des rentes de retraite parce que j’ai payé pour ça, et aussi parce que trop d’intervenants profitent des largesses des caisses. Je souhaite que le parti libéral respecte sa promesse de redonner aux retraités la pleine indexation des rentes de retraite. Je vous rappelle le texte au cas où vous l’auriez oublié :

« Un gouvernement libéral procédera progressivement à l’indexation des rentes de retraite des employés des secteurs public et parapublic, de façon à rétablir le pouvoir d’achat des retraités, selon les surplus actuariels. »

Veuillez agréer, Madame la Députée, mes salutations distinguées,

Gilles Robert-Hudon
Membre de l’ADR

Une copie conforme a été envoyée aux personnes ou organismes suivants :

M. Jean Charest, Premier ministre
Mme Monique Jérôme-Forget, Présidente du Conseil du trésor
M. Michel Audet, Ministre des finances,
M. André Boisclair, Chef de l'opposition officielle,
M. Michel Gagnon, AREQ – Montérégie
Mme Mariette Gélinas et Mme Linda Olivier, AREQ provinciale,
M. Rodrigue Dubé, Président de l'ADR,
M. André Goulet, AAR
Mme Arlette Bouchard, RRAME (Mouvement ESSAIM),
M. Réjean Parent, CSQ,
Mme Johanne Fortier, FSE,
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