Bonjour M. Sansfaçon,
Je veux d'abord vous féliciter pour votre éditorial du 7 novembre intitulé: « Des retraités floués ». Pour une fois, je lis un article non biaisé et factuel sur la question des régimes de retraites dans la fonction publique.
Je suis moi-même un retraité de la fonction publique où j'occupais une fonction de cadre supérieur et je puis vous dire que sur les 27 années travaillées 14 années ne sont pas indexées.
Vous savez, monsieur Sansfaçon, un trop grand nombre de personnes croient encore que ce sont les deniers publics (leurs impôts) qui paient notre rente de retraite, alors que nous avons investi dans notre régime près de 8% de notre salaire annuel pendant toute notre carrière dans la fonction publique (notre employeur devait mettre l'équivalent, selon les principes de rémunérations globales, ce qu’il n’a jamais fait. On peut affirmer sans se tromper qu’il nous "empruntait" chaque année cette somme). Notre régime de retraite doit être considéré comme n’importe quel régime privé dans lequel l'employeur et l'employé ont convenu de contribuer.
Je suis d’accord pour accepter que nos salaires étaient payés par les deniers publics (les impôts et taxes), mais jamais en ce qui concerne nos rentes de retraite. Je souhaite que vous puissiez un jour vulgariser ce concept pour bien renseigner vos lecteurs et ainsi éliminer cette perception qu'ont les gens.
Peut être le savez vous déjà, mais je crois important de vous souligner que notre régime de retraite, nonobstant tout ce que l’on peut dire sur les régimes à prestation déterminée, a dégagé en 1997 des surplus actuariels assez substantiels de $4 milliards.
En 1997, $800 millions ont servi à l’État employeur pour restructurer l’organisation par la mise à la retraite de plus de 35 000 employés avec les conséquences que l’on connaît, surtout dans le réseau de la santé.
En 2000, $3,2 milliards ont été utilisé par les syndicats et l’État employeur pour diminuer de près de 35% (soit de 7,95% à 5,35% ) les cotisations annuelles des employés actifs à leur régime de retraite, et ce pendant 5 ans, et à bonifier ce même régime pour les années travaillées après 2000.
Faut-il vous souligner que ce surplus actuariel de $3,2 milliards provenait seulement de la somme des cotisations capitalisées des employés actifs et des retraités et du rendement obtenu sur ces cotisations dans une proportion d’environ 50% employés 50% retraités. C’est donc dire que les syndicats se sont appropriés de plus de $1,6 milliards appartenant aux retraités pour améliorer leurs conditions de travail. Comment qualifier ce geste??
Personne n’accepterait que quelqu’un vienne piger dans son REÉR personnel. Mais c’est effectivement ce qui s’est passé.
Une autre situation inquiétante pour les retraités : Les états financiers de la CARRA au 31 décembre 2006 indiquent qu’il y a un surplus comptable de 15,1$ milliards. Ce surplus comptable se traduira bientôt par un surplus actuariel plus que substantiel de l’ordre de plusieurs $ milliards, peut-être même de l’ordre de 10$-12$ milliards.
Est-ce que ces nouveaux surplus actuariels serviront cette fois-ci pour le bénéfice des retraités? Ou, seront-ils encore une fois utilisés à d’autres fins?
La seule façon de rendre justice aux retraités sera d'utiliser ces surplus actuariels pour leur redonner la pleine indexation.
Il va falloir suivre ce dossier de près et nous comptons sur des journalistes objectifs comme vous pour bien informer la population et les retraités, car plusieurs grandes associations de retraités sont à la remorque des centrales syndicales et ne disent pas tout à leurs membres…et, malheureusement, on ne nous donne pas aussi le droit de poser les vraies questions sans menaces ...d’expulsion!
Merci beaucoup de votre attention.
Marc Paradis, ing.
Québec.